Sylvain Paturaux

D’où venez-vous ?
Moi je suis Nantais, de Bretagne. J’ai vécu à Nantes pendant 20 ans, avant de partir faire mes études pendant trois ans à Bordeaux, et je suis arrivé dans le Beaujolais en 2003.

Pourquoi ce métier ? Quel est votre parcours ?
J’ai fait mes études dans le vin, en agriculture. J’étais en école d’ingénieur en travaux agricoles, avec une spécialisation en viticulture-œnologie. En sortant de l’école j’ai trouvé un 1er poste en directeur d’exploitation au Lycée viticole de Belleville-sur-Saône. C’était une belle opportunité et un poste vraiment intéressant sur une exploitation de petite taille à l’époque. En 2012, le poste de directeur d’exploitation de Davayé se libérait, et ça m’intéressait de changer un petit peu de type d’exploitation, de viticulture, de vinification, de région, etc. Et l’activité caprine en plus m’intéressait bien, redécouvrir cet aspect-là de l’agriculture et de l’élevage.
Je suis au départ resté dans des exploitations publiques à vocation de formation, car je devais plusieurs années de fonction au Ministère de l’Agriculture. Et en plus, la dimension pédagogique est très intéressante. On reçoit des profils très variés, aussi bien des jeunes qui savent qu’ils veulent travailler dans la vigne depuis qu’ils ont 5 ans, mais aussi des personnes à 40 ans qui ont envie de changer de filière et de se lancer dans la viticulture.

Pourquoi ici ?
J’habite toujours dans le Beaujolais, à Quincié-en-Beaujolais. Ça me permet quand même de faire une vraie coupure avec le boulot. Et cette petite route, à travers le vignoble, ce n’est pas désagréable !
Je me trouve bien ici, dans cette région viticole, même si j’aimerais bien pouvoir retrouver un jour ma Bretagne natale, j’y ai un attachement très fort, mais pour la partie viticole c’est un peu plus compliqué !

Votre endroit préféré sur le Grand Site ?
Il y a un endroit que j’aime beaucoup, c’est le haut de la Roche de Vergisson, sur le plateau. En partant de la chèvrerie, on traverse toute une zone de vignes, et assez vite on arrive dans les taillis, les bosquets de buis, et après sur le plateau de prairies calcaires, c’est une variété importante sur peu de surface, on travers plusieurs paysages et végétations pour arriver à un panorama spectaculaire. J’y vais assez régulièrement, autant pour le plaisir que pour le boulot.

Votre meilleur souvenir sur le Grand Site ?
Une année, au cours de la Transhubique (c’est un moment où on va chercher nos chèvres en haut de la Roche de Vergisson, pour le redescendre à la chèvrerie à l’automne), on est facilement 300 ou 400 personnes qui viennent prendre le petit-dej’ et nous accompagner. Plus d’une heure après la descente, on a 10 gamins qui viennent nous voir : « Sylvain, Michel, on a retrouvé une chèvre qui trainait dans un taillis là-haut ! ». On est allés la chercher, on a jamais su depuis combien de temps elle était planquée là, elle allait bien, et les enfants étaient tous fiers de l’avoir retrouvée. C’était marrant.