Vincent Cornin

D’où venez-vous ?
J’ai toujours été de Fuissé, aux petites Bruyères, et j’y habite maintenant. Je suis toujours resté dans le coin. J’ai fait mes études au Lycée de Davayé, ensuite j’ai habité un peu sur Serrières, à Mâcon, à Varennes, bref, dans un périmètre restreint. Cela ne m’a pas empêché de voyager, en tant que touriste, mais pour bien vivre dans son environnement, il faut le connaître.

Pourquoi ce métier ? Quel est votre parcours ?
A la base je ne voulais pas faire ça. Mon père et mon grand-père étaient viticulteurs, et moi au départ je voulais faire du sport, du tennis, mais aussi du dessin, les beaux-arts. Au collège on doit faire un choix quand on ne sait pas encore trop ce qu’on veut faire. Le dessin c’est soit on a du bol et on réussit, soit on galère. Rationnellement, je me suis tourné vers la vigne. Pas forcément par amour au début, mais après ça m’a permis d’exercer mon art autrement et surtout d’être libre de mes mouvements.
Mon grand-père est décédé quand j’avais 10 ans, mon père est décédé en 2010. A mon arrivée au domaine en 2000, je voulais faire plein de trucs, tout changer, mais ma famille m’a dit non. Donc j’ai bossé, j’ai appris, j’ai observé. A partir de 2006 j’ai repris petit à petit les rennes dans une période assez chaotique. J’ai décidé à ce moment de changer pas mal de choses : j’ai pris un maximum d’informations et j’en suis venu à mettre les premiers coups de griffage dans le sol. J’ai fait des conneries, comme tout le monde, et j’ai appris et j’ai été patient. J’ai dû me battre avec ma famille pour pouvoir mettre en place ces pratiques, pour eux c’était retourner au temps de la pioche, ça allait à l’encontre du progrès, et j’ai plusieurs fois failli laisser tomber.
Aujourd’hui, ma mère est obligée de reconnaître la réussite de ce projet. Elle habite toujours la maison du Domaine, et les gens nous félicitent souvent de notre démarche. Parmi mes expériences : la musique au cuvage, la vinification en amphore, les bouteilles transparentes, etc. J’aime expérimenter plein de choses m’informer à fond sur un sujet.

Pourquoi ici ?
L’acte de vente du Domaine de Fuissé à ma famille est de 1910. Avant le lieu-dit ne s’appelait pas les « Petites Bruyères », mais « La petite maison dans la prairie ». C’est notre Domaine familial, ma mère y habite encore, et moi dans une maison juste à côté.

Votre endroit préféré sur le Grand Site ?
Moi je vais souvent chez Régine, au Café de la Gare à Charnay. C’est un coin sympa, avec une belle vue sur les deux Roches. Avec la voie verte à côté, c’est vivant.

Votre meilleur souvenir sur le Grand Site ?
En 2000 quand j’étais en stage chez Roger Saumaize, on a fini les vendanges sur la Roche de Vergisson à 4h de mat’ et on a fait la fête pour fêter la fin des vendanges. C’était super sympa.