Sophie Cinier

D’où venez-vous ?

Je suis née à Fuissé, je suis une pure bourguignonne du sud, mais je suis partie après mon bac en 1985 et je suis revenue m’installer comme vigneronne en 2000.

Quel est votre parcours ?

Je n’étais pas du tout vigneronne au départ, j’ai un parcours biscornu, j’ai un bac littéraire, un BTS de secrétariat trilingue, un BTS de commerce international, un diplôme d’école supérieure de commerce et de gestion et un BTS viticulture œnologique que j’ai passé en 98 pour pouvoir reprendre le domaine.

Pourquoi ce métier ?

Ma maman a hérité d’une partie des vignes de mon grand-père, mes parents étaient artisans commerçants, ils n’exploitaient pas les vignes, ils les louaient. Et Maman voulait les récupérer afin de les exploiter elle-même. Ça a été très compliqué, ça nous a pris 12 ans et la seule solution qui nous restait, comme j’étais fille unique, c’était que je m’installe pour pouvoir arrêter le bail de location.  A ce moment-là j’étais active, j’ai travaillé pendant 10 ans, j’ai vendu du vin pour un négociant bourguignon, dans tout le sud de la France. Et puis mes parents m’ont posé la question, « est-ce que ça t’intéresse ?». Je n’ai pas réfléchi longtemps, je me suis dit, je vais faire une pause, j’ai pris un congé formation pour passer mon BTS viti-oeno au CFPPA de Mâcon Davayé, et je ne suis jamais repartie. Je n’ai aucun regret, j’adorais mon boulot mais je préfère encore celui-là.

J’ai repris mes vignes en novembre 2000, il y avait à peine un hectare de vigne avec uniquement des blancs et aujourd’hui on est à 4,5 hectares avec des blancs et  peu de rouge. Je n’ai pas vinifié tout de suite, j’ai commencé en 2005 et je n’ai jamais arrêté depuis.

Et vos chambres d’hôtes ?

Concernant les chambres d’hôtes c’est une autre histoire…Là où est situé le domaine c’est un terrain qui appartenait à ma maman et où mon papa avait construit son atelier puisqu’il était artisan et commerçant. Mes parents ont ensuite construit leur maison, on y a installé la mienne.  Il y avait une enclave sur ce terrain, qui représente la valeur d’une coupée de vigne (ici c’est 400 m²).

C’est mon grand-père, à l’origine propriétaire du terrain qui a vendu les 400m² à son salarié viticole dans les années 50. Ce monsieur, originaire d’Italie, voulait absolument habiter à Fuissé. Donc mon grand-père lui a vendu ces 400m² où il a construit sa maison. Il a fait toute sa vie ici avec ses 5 enfants et sa  femme, c’était comme mes grands-parents. Mon père avait son atelier à côté donc on les voyait tout le temps et il disait toujours à ma maman « quand je vais mourir la maison c’est pour toi ». Quand son épouse  est décédée (bien après lui), les enfants nous ont proposé d’acheter la maison en priorité avant de la mettre en vente, parce que c’est enclavé y’a pas de droits de passage  donc c’est compliqué… Mes parents n’ont pas hésité, ils ont dit « on va faire des chambres d’hôtes » J’ai demandé : “Mais qui va s’en occuper ??” -Et bien, toi !!” Donc on acheté la maison, on l’a rénové à l’intérieur et les chambres ont été ouvertes au printemps 2008.

Votre endroit préféré sur le Grand Site ?

Le mont Pouilly, d’abord parce que j’ai une parcelle qui est presque au niveau des pelouses calcaires, et parce que j’adore cet endroit, il y a une superbe vue, c’est plus doux que la roche, il y a moins de monde, c’est moins escarpé, il y a les chevaux et puis on a une petite tradition familiale : pour le 14  juillet on monte au mont Pouilly pour voir tous les feux d’artifice sur la plaine.

Votre meilleur souvenir sur le Grand Site ?

L’ascension de la roche sur l’ancien sentier, qui était très escarpé, c’était quand même un peu raide et quand on avait des repas de famille, c’était la tradition de faire découvrir la roche de Solutré aux invités ou de monter après le repas. J’en garde un bon souvenir et je regrette qu’on ne puisse plus accéder à ce sentier parce que qu’enfant, ça foutait un peu la trouille, c’était chouette.