Alain Cordier


D’où venez-vous ?

Je suis Lorrain d’origine, je suis né à Metz, mais je n’y suis resté qu’un an. Ensuite j’ai vécu en Alsace pendant quelques années. Mon père avait un travail qui a fait qu’on bougeait beaucoup, donc je ne me suis jamais fixé quelque part dans ma jeunesse. Ça a marqué ma personnalité. Je suis arrivé dans la région, sur Mâcon, l’année de ma 6ème, en 1971-1972. Mes parents avaient une maison à Pontanevaux, et c’est là que j’ai passé mon adolescence. Je suis resté dans le Mâconnais depuis cette époque.

Pourquoi ce métier ? Quel est votre parcours ?

Au collège j’étais plutôt turbulent et j’ai eu la chance d’être repéré par un professeur d’arts plastiques, René Vayssade, que je respectais beaucoup. Il m’a expliqué qu’il fallait que j’utilise mon énergie pour autre chose que « faire le pitre » en classe, et il m’a convaincu d’intégrer le groupe de théâtre qu’il avait créé. . Cela a été une révélation, et ça a contribué à construire et modeler mon imaginaire. Je n’ai plus quitté les planches pendant près de 27 ans, j’adorais ça ! J’ai arrêté le théâtre au décès de mon mentor, en 2003. Une page s’est tournée, mais le goût d’imaginer et de créer ne m’a pas quitté pour autant. En 2004, j’ai récupéré 3 bouts de ferraille qui trainaient dans mon atelier et j’en ai fait un petit bateau, je sais pas pourquoi. C’était un objet purement décoratif, loin de mes réalisations habituelles de bricoleur. Je l’ai trouvé beau et j’en ai fait d’autres. C’est comme ça que mon activité artistique a débuté. En réalité, je n’ai jamais vraiment quitté le théâtre, parce que chaque sculpture que je crée est une mise en scène d’un personnage, ou d’un animal, avec une action qui raconte une histoire. Je fais de la « mise en scène soudée » en quelque sorte. Je me suis essayé à l’abstrait, mais j’ai très vite abandonné. Ça ne me parlait pas, ça ne me racontait rien. J’aime que mes réalisations soient aussi dépouillées et légères que possible, malgré le fait que ma matière première provienne de la récup’. Je ne suis jamais aussi satisfait que quand les personnes qui découvrent mon travail ne s’aperçoivent pas que cela a été fait avec de vieux outils ! A côté de ce côté artistique, je suis entré dans l’enseignement à l’âge de 24 ans, et aujourd’hui je suis toujours professeur de technologie en collège. J’ai hérité de mon père un certain réalisme financier et une volonté d’indépendance associée, et j’ai donc toujours tenu à mener de concert mon métier d’enseignant et mon activité artistique. Et puis j’aime mon boulot de prof ! L’enseignement, c’est aussi d’une certaine façon du théâtre. Les enfants sont un public difficile qu’il faut apprendre à intéresser, et le théâtre aide beaucoup en cela. Il faut faire en sorte de capter leur attention afin qu’ils ne s’ennuient pas. C’est d’ailleurs aussi un objectif essentiel dans ma vie : ne pas m’ennuyer, et, si possible, ne pas être ennuyeux !

Pourquoi ici ?

Je suis sur le Grand Site depuis un an, je vis là où j’aime…

Votre endroit préféré sur le Grand Site ?

J’aime beaucoup le Mont de Pouilly qui fait face à la Roche. La vue est superbe de là-bas. On sort du côté « carte postale » de la Roche de Solutré qui draine toutes les attentions. Et la vue est superbe là-bas.

Votre meilleur souvenir sur le Grand Site ?

C’était une expo à la Maison de Site, « Images & Imaginaire », où plusieurs artistes avaient travaillé sur la Roche de Solutré. Il y avait des sculptures, des tableaux, d’amateurs ou non. J’aime bien l’idée de décliner un sujet avec des sensibilités différentes. C’était riche et varié, pas ennuyeux, et cela m’a plu…forcément.