L’Opération Grand Site

Malgré les protections mises en place dès les années 1900, Les Roches de Solutré (en particulier) et de Vergisson, au centre du Grand Site, deviennent victime de leur fréquentation due au caractère remarquable des lieux et au célèbre passage d’un de nos Président de la République. La proximité de l’agglomération mâconnaise et le développement des activités de loisir, ainsi qu’un certain abandon de la gestion des milieux naturels entraînent des dégradations du Site, des nuisances pour ses habitants, et déprécient les lieux au regard des touristes. Dès 1994, les communes concernées demandent l’aide de l’État pour un projet global, qui débouchera sur la mise en place d’une démarche d’Opération Grand Site, lancée en 1996.

Erosion du sentier

Erosion du sentier

La fréquentation relève ici de motivations très différentes conférant au site différents statuts : site touristique, site scientifique, site ludique et de loisirs, site paysager, site de pèlerinage, site espace vert périurbain. Elle met en danger le milieu, mais aussi, en l’absence d’accueil, d’équipements et de sécurisation des cheminements, le public. Ce flux pose plusieurs problèmes: une surcharge de la Roche de Solutré entraînant des dégradations, l’érosion du milieu et des sols ainsi que la création d’itinéraires sauvages ; le non-respect des sites, dû à l’absence d’explications sur l’intérêt des lieux et leur fragilité ; l’insuffisance et l’inorganisation des dispositifs d’accueil et de compréhension des lieux, le Musée étant exclusivement tourné vers l’intérêt préhistorique du lieu au moyen d’une muséographie datant de 1986.

Ces usages du Grand Site, bien que consacrant sa célébrité, restent pour le moins frustrants au plan local : d’une part il n’y a pas de retombées économiques pour les communes, ce qui se traduit par l’absence de ressources nécessaires à l’entretien et à la gestion du site ; d’autre part, il y a disproportion entre le flux de visiteurs et les retombées économiques pour les habitants, renforçant le sentiment de nuisances liées au Grand Site au détriment des bénéfices qu’ils pourraient en retirer.

Outre les atteintes qui lui sont portées localement par les piétinements, le paysage, même protégé par une loi visant à son “maintien en l’état”, montre qu’il n’est jamais figé et évolue : l’abandon des pratiques de pâturage sur les pelouses laisse la voie à une fermeture du milieu. Sans intervention, l’embuissonement menace et la qualité des paysages risque, par ce processus spontané de végétalisation, de se voir banalisée.

Muret laissé à l'abandon

Muret à l’abandon

En l’absence de gestion active, durable et coordonnée, de nombreuses autres dégradations du site apparaissent : murets de pierre sèche, cadoles, lavoirs. Ces éléments de patrimoine bâti participent de l’esprit des lieux mais sont laissés à l’abandon et déprécient les abords du site, tandis que d’autres éléments lui portent atteinte (panneaux publicitaires, par exemple). S’il ne bénéficie d’aucune intervention, ce site remarquable est à terme menacé.

 

 

Qu’est-ce qu’une Opération Grand Site ?

L’Opération Grand Site n’ajoute pas de contrainte réglementaire sur le Site : les protections légales existent déjà. C’est avant tout un outil qui va permettre de mettre en place, sur un périmètre élargi aux communes voisines :

  • une restauration et un entretien du site et du paysage pour leur préservation
  • un accueil de qualité pour les visiteurs avec services et interprétation du site
  • une dynamique locale permettant d’engendrer des retombées économiques

Ces trois grandes lignes de toutes les Opérations Grand Site visent à installer une gestion pérenne des lieux.

L’Opération Grand Site mise en place à Solutré Pouilly Vergisson est précédée de Grands Sites mondialement connus : la Pointe du raz, le Pont du Gard, le Marais Poitevin, sont les plus célèbres exemples de Grands Sites.

Retrouvez la liste des sites labellisés et ceux en Opération Grand Site sur le site du RGSF (Réseau des Grands Sites de France). Cliquez ici