Biodiversité

Les pelouses calcaires constituent un milieu propice à une multitude d’espèces. Un grand nombre de conditions sont réunies pour que des espèces végétales et animales remarquables et rares y prolifèrent : exposition, ouverture, microclimat… autant de facteurs qui expliquent leur présence.

Le climat et la géologie

Situé juste au dessous de la zone de rupture climatique entre le nord et le sud, le Mâconnais est soumis à un climat continental teinté d’influences méditerranéennes atténuées et de quelques influences atlantiques.

Ces phénomènes météorologiques, la coexistence de sols cristallins, calcaires et argilo-calcaires (la rapide disparition des eaux de pluie dans les nombreuses fissures rend le sol sec et aride), ainsi que l’altitude des reliefs sont autant de facteurs qui contribuent à la richesse du milieu, auxquels il ne faut pas oublier d’allier l’intervention de l’homme qui, au fil des temps, a profondément modifié le paysage et les milieux originels.

La flore

« l’Inule des montagnes », « la Coronille abrisseau », « le Micrope droit » et une multitude d’orchidées sauvages… Mais le plus intéressant, ce sont les associations végétales. En effet, sur ces minuscules pastilles de verdures, des espèces inféodées aux milieux montagnard, méditerranéen ou océanique cohabitent.
Fétuque, carex, brôme dressé, hélianthème blanc, silène d’Italie (le plus exceptionnel si haut). Dans les éboulis : œillet des montagnes, seslérie bleue, sédum, saxifrage (association méditerranéenne et montagnarde)

montage flore

Copyright © Conservatoire des Sites Naturels Bourguignon

La faune

montage faune

Copyright © Conservatoire des Sites Naturels Bourguignon

La faune n’est pas en reste et la combinaison faciès de falaises et milieux ras offre au Bruant ortolan, au Hibou petit duc ou encore à l’Engoulevent d’Europe des zones de refuge idéales. Le papillon flambé, la mante religieuse et le criquet méditerranéen sont également très courants à Solutré.

Des zones protégées

La richesse de cette diversité biologique, caractérisée par la présence d’espèces rares et d’associations végétales remarquables, est reconnue au niveau européen : les Roches de Solutré et Vergisson, le Mont de Pouilly, et en dehors du Grand Site, le Monsard (commune de Bussières) et le Bois de Fée (commune de Leynes), ont été proposés au réseau Natura 2000. En concertation avec les acteurs locaux, les objectifs de conservation de ce patrimoine et des mesures de gestion appropriées ont été définies.

La roche de Vergisson fait l’objet d’un arrêté préfectoral de protection du biotope, en date du 13 juin 1991. Les roches de Solutré, de Vergisson, le Mont de Pouilly (mais aussi, en dehors du périmètre Grand Site le Monsard à Bussières et le Mont de Leynes) sont inscrits à l’inventaire des ZNIEFF (Zones Naturelles d’intérêt Écologique, Faunistique et Floristique) de type I, caractérisées par la présence d’espèces rares et d’associations végétales remarquables. Le périmètre de Natura 2000 s’est calqué sur celui des ZNIEFF.

Milieu

L’omniprésence de l’homme, indissociable de l’histoire du Grand Site, en fait une entité profondément vivante. Si l’homme préhistorique a laissé peu de marques dans le paysage, les époques contemporaines l’ont plus profondément façonné. Au-delà de constructions ou des plantations de vigne, les pelouses calcaires, présentes aux sommets des Roches, en sont également le témoin.

Un milieu spécifique

Konik Polski

À l’origine couvertes d’un milieu forestier, les parties sommitales des Roches de Solutré et de Vergisson (ainsi que celles du Mont de Pouilly, et hors du périmètre du Grand Site du Monsard et du Mont de Leynes) ont été défrichées par l’homme. Elles abritent aujourd’hui un milieu spécifique : les pelouses calcicoles (ou pelouses calcaires). Ces espaces sont de vastes étendues de pelouses rases, aussi appelées teppes, qui recouvrent un sol pauvre et peu profond.

On retrouve en continu cette même formation végétale sur le dos des roches et des monts du Mâconnais, du sud au nord.

Jusqu’au milieu du 19e siècle, l’élevage représente encore un complément de revenu nécessaire aux agriculteurs. Les femmes et les enfants emmènent les animaux sur les pelouses des Roches. Le pâturage et les brûlages réguliers entretiennent les milieux.

Une richesse en danger

roche de solutré

Depuis les années 1950, la viticulture a pris le pas sur la polyculture. L’exploitation a permis de faire vivre les familles sans autres activités annexes, les femmes et les enfants délaissant ainsi les zones peu productives et difficiles à exploiter. Les pelouses calcaires ont été laissées à l’abandon, offrant à la nature l’occasion de reprendre ses droits : sur les pelouses, le long des chemins, se sont installés des genêts, des chênes pubescents, mais surtout de nombreux bosquets de buis. Ce dernier, très difficile à éradiquer, présente le risque, par ses réseaux de racines, de faire éclater les roches et d’accélérer ainsi leur érosion.

Cette fermeture des milieux est la première étape vers la restauration de la forêt originelle désastreuse pour le paysage, mais aussi pour la diversité biologique qu’accueillent les pelouses calcaires.

Mais d’autres menaces pèsent également sur ce milieu si riche et si fragile : l’enrésinement, fréquent dans les années 80, finit par s’étendre si on ne le contrôle pas régulièrement ; le piétinement des visiteurs venus pour la notoriété des sites ; la pratique de véhicules tout terrain.