Conserver pour transmettre
Le Musée de préhistoire de Solutré conserve les témoins de 350 000 ans d’occupation humaine en Bourgogne du Sud. Les collections sont principalement issues des sites préhistoriques de Solutré, de Vergisson et du Mâconnais. Depuis sa découverte en 1866, le site témoigne de l’évolution continue des techniques de recherche en archéologie, des conceptions sur la Préhistoire et sa représentation de la fin du XIXe siècle à nos jours. Plongez au cœur des richesses de l’un des plus vastes gisements de plein air d’Europe, site éponyme du Solutréen.
©Honoré HugrelCréé en 1987 par le Département de Saône-et-Loire, avec le soutien et la participation de l’État, le Musée de préhistoire de Solutré est plus qu’un simple musée de site. Il rassemble les collection d’archéologiques du gisement préhistorique de Solutré, fréquenté par des groupes humains depuis le milieu de la dernière glaciation, de la région mâconnaise et du Sud de la Bourgogne, du Val de Loire au Val de Saône. De plus; le gisement de Solutré est un site historique, témoin de la première archéologie préhistorique en France, de l’histoire de la Préhistoire et de l’évolution des techniques de recherches.
Véritables objets culturels, la Roche, le site et son archéologie ont souvent inspiré les artistes des XIXe et XXe siècle. Le site a contribué à forger l’image de la Préhistoire dans sa représentation populaire, des premiers ouvrages de vulgarisation scientifique aux affiches scolaires des années 1970, en passant par le tout premier roman préhistorique écrit par son premier fouilleur (Adrien Arcelin, signant le roman Solutré ou les chasseurs de rennes de la France centrale sous le pseudonyme anagramme “A. Cranile” en 1872). La silhouette de sa Roche, ses occupants préhistoriques et sa légendaire chasse à l’abîme ont constitué pour le grand public les premières images des temps avant l’Histoire…
D’où viennent les collections?
En 1986, le Musée départemental de préhistoire de Solutré en conception ne disposait pas de collection, organe fondamental. Trois dépôts fondateurs ont alors été consentis à sa création :
- par l’Académie de Mâcon, dont Adrien Arcelin (1838-1904), inventeur et premier fouilleur du site, fut de nombreuses années Président et secrétaire perpétuel,
- par le Musée des Ursulines de la Ville de Mâcon, dont Adrien Arcelin fut également conservateur et auquel il donna sa collection personnelle d’objets provenant des fouilles de Solutré et d’autres sites du Mâconnais,
- par l’État, auprès duquel le préhistorien Jean Combier (1926-2020), directeur des fouilles de Solutré dans les années 1970, était à la fois directeur de recherche du CNRS et directeur des Antiquités préhistoriques de la région Rhône-Alpes.
Dons et acquisitions
Depuis 1987, ces trois dépôts fondateurs ont été enrichis de dons et d’acquisitions réalisées par les différents conservateurs des années 1990 et 2000 jusqu’à nos jours.
Ces dons et acquisitions répondent aux axes thématiques suivants :
- archéologie préhistorique du site et du Mâconnais,
- témoins de l’histoire scientifique du site,
- publications relatives à l’histoire du site et à son rôle dans l’histoire de la Préhistoire, en tant que nouvelle discipline scientifique,
- représentations du site et de la Préhistoire à travers le temps (chasse à l’abîme, reconstitution du paysage, parfois naïve), sa notoriété étant indissociable de son statut de station préhistorique et site éponyme,
- diffusion des connaissances sur la Préhistoire par les représentations populaires et le développement de l’imprimerie,
- Préhistoire et art contemporain.
Aujourd’hui, les collections du Musée de préhistoire sont riches de plus de 300 000 objets de toute nature ! Séries archéologiques provenant des fouilles préventives réalisées sur le Parc archéologique, outils et restes d’animaux préhistoriques, restes humains retrouvés sur les sites d’habitat, peintures et aquarelles représentant le site dans la Préhistoire ou de nos jours, œuvres d’art graphique représentations populaires de la Préhistoire accompagnant la diffusion des connaissances (bandes dessinées, chromolithographies publicitaires et éducatives), sculptures en bronze de la fin du XIXe siècle, peintures contemporaines, livres, revues et publications anciennes sur le site de Solutré ou sur la Préhistoire, cartes postales documentant les fouilles dans les années 1920, reconstitution grandeur nature de grands carnivores disparus, dermoplastie d’un homme de Néandertal, objets métalliques et restes humains médiévaux, stèle antique provenant de Solutré… autant d’objets qui réjouissent le regard des curieux !

Dépôts complémentaires
La création du musée, qui plus est sur le site éponyme, a conduit l’État à y déposer le matériel provenant de diverses fouilles archéologiques de la région :
- les fouilles menées par Jean Combier à Solutré entre 1968-1976 sur les terrains rachetés par l’État au Crot du Charnier, complétées par les éléments rassemblés lors de ses fouilles avec Bernard Gély et Jean-Louis Porte, en 1987 et 1988, et des fouilles de l’Université du Kansas, dirigées par Anta Montet-White et Jack Hofman en 1997-1998. Ces séries constituent le plus gros dépôt avec plus de 650 contenants. Elles comprennent l’essentiel de la faune et des mobiliers lithiques collectés dans la seconde moitié du XXe siècle sur le site.
- D’autres dépôts complètent les collections :
les fouilles des occupations de Varennes-Lès-Mâcon, du Paléolithique ancien (avant 300 000 ans) à l’Épipaléolithique (vers -12 000 ans avant le présent)
le dépôt du site de Solutré-Village et du « Hangar Sève », témoins des occupations anciennes du gisement de Solutré, depuis plus 50 000 ans,
les occupations de Vergisson datant de la fin du du Paléolithique moyen (entre 300 000 ans et 45 000 ans), comprenant des vestiges fauniques et lithiques et les restes humains néandertaliens du dépôt de la paléoanthropologue Silvana Condemi.