Mathieu Guillou

D’où viens-tu ?
Je viens du nord-Isère, un petit village à côté de Bourgoin-Jallieu. J’ai toujours vécu là-bas, j’ai fait toute ma scolarité dans cette partie de la France. Je n’ai pas beaucoup bougé, c’est la première fois que je pars de ma région pour les études ou le travail.

Pourquoi ce métier ? Quel est ton parcours ?
J’ai commencé par un bac S, spécialité SVT. J’ai toujours voulu bosser avec les animaux. Quand j’étais petit je voulais être fauconnier, puis soigneur animalier, mais j’avais une passion encore bien plus grande : le sport, le handball. Du coup j’étais en section handball au lycée, et j’ai voulu en faire ma vie, donc j’ai fait trois ans de STAPS. J’ai arrêté prématurément à cause du confinement et le système de l’université ne me convenait plus, c’était trop théorique pour moi. Pour ma réorientation, la direction était claire : la nature. C’est un domaine très large, j’ai dû beaucoup chercher. J’ai passé mon été à chercher une école, mais je n’ai pas trouvé. Au dernier moment j’ai trouvé une école privée qui proposait le BTS Gestion et Protection de la Nature. J’ai fait une première année là-bas. J’ai cherché une alternance et j’en ai trouvé une avec le Grand Site. Sauf que l’école ne me proposait pas le type de contrat que je cherchais, donc je suis passé du privé au public, et ça m’allait plutôt bien. J’ai donc recommencé une première année de BTS pour me professionnaliser, être sur le terrain, et travailler. L’alternance était du coup une évidence pour moi, c’est aussi l’occasion de commencer à se créer un réseau en milieu professionnel. C’est un parcours un peu particulier où je me suis pas mal cherché, mais je n’estime pas avoir perdu du temps. Ça m’a permis d’affirmer mes choix professionnels, et d’acquérir des connaissances qui me sont utiles aujourd’hui. Là je suis prêt à en apprendre toujours plus sur la protection de la nature, mais aussi sur l’animation autour de la nature. Pour moi c’est complémentaire, ça a une importance capitale de transmettre ces connaissances au public, pour qu’il puisse aussi transmettre à son tour. L’animation avec les enfants surtout : un enfant ça parle beaucoup, et quand c’est passionné ça transmet beaucoup aux autres. C’est la génération à sensibiliser pour agir pour le futur.

Quelles sont tes missions ?
J’en ai pas mal. J’ai des missions d’animation : à Solutré on a déjà des animations sur le thème de la Préhistoire qui marchent très bien, mais on cherche aussi à développer les animations nature. Mon objectif c’est donc de créer des animations autour de la nature qui fonctionnent et qui perdurent. J’ai aussi des missions de gestion : avec Gérard et Hervé on va s’occuper de la transhumance du troupeau de chevaux Konik Polski, je vais avoir des missions, des chantiers avec l’équipe d’insertion, et aussi des suivis ornitho, j’aimerai bien travailler avec la LPO sur ce sujet. Et continuer le travail de Mélissandre entamé l’année dernière sur la trame forêt.

Pourquoi t’installer ici ?
Honnêtement, j’ai postulé un peu partout en France. C’est un milieu avec peu de postes en alternance. J’ai eu de la chance que Mélissandre laisse sa place à Solutré l’année où j’ai postulé. En plus je n’ai pas de milieu de prédilection, je pense qu’on peut apprendre de tout partout. Quand j’ai vu la liste des missions, je me suis dit que ça avait juste l’air trop bien et c’est exactement ce que je voulais faire. J’ai dû changer d’école pour venir ici, mais ça valait le coup, je ne pouvais pas passer à côté. Aujourd’hui j’ai la pression de bien faire, toute l’équipe était heureuse de me voir arriver, je ne dois pas les décevoir. En tout cas je suis juste trop heureux d’être ici.

Ton endroit préféré sur le Grand Site ?
J’aime bien la Roche de Solutré. Alors oui, c’est le « gros truc au milieu » que tout le monde voit, mais ça donne une bonne image de ce qu’est la région : au sommet on a une vue à 360°. C’est un témoin de l’histoire du site aussi sur le plan environnemental. J’ai aussi hâte qu’Hervé m’emmène avec lui pour découvrir d’autres endroits du Grand Site.

Ton meilleur souvenir sur le Grand Site ?
La première réunion d’équipe à laquelle j’ai participé, il y avait plutôt de mauvaises nouvelles, mais ça m’a fait plaisir de voir à quel point tout le monde était investi et comme l’équipe était soudée. Moi je déteste travailler seul, j’ai toujours fait des sports d’équipe, alors voir cet esprit d’équipe au Grand Site, c’est important. Je sais que je vais me sentir bien dans cet endroit.

Qu’est-ce que tu veux que les gens ressentent quand ils viennent ici ?
La sensibilisation, c’est pas de l’éducation. On est pas là pour dire aux gens quoi faire : le but c’est de montrer aux gens l’importance et le « pourquoi » il faut apprendre, s’intéresser, et découvrir ce qu’il y a d’extraordinaire dans la nature. Je veux transmettre ma passion et mon amour pour la nature. Au final on est pas plus légitime que les autres espèces sur cette planète, il faut faire preuve d’humilité. J’ai une citation que j’aime bien : « La nature c’est comme une énorme bibliothèque. On a deux choix : soit on brûle tout pour en faire de la matière première et se chauffer. Soit on apprend de cette nature sans la détruire et on pourra évoluer avec elle ». La nature c’est une ressource de connaissances infinie.